Chasse aux sorcières

Publié le par Maurizio Rofrano

Manteau et chapeau Lœwe, escarpins Yves Saint-Laurent, sac Valentio

Est-ce qu'en question de mode, tout ce qui se fait est bien? L'enjeu ne résiderait-il que dans les combinaisons et le choix du bon contexte? L'individu se limiterait à proposer, la collectivité affirmerait ou infirmerait. Le contraire est difficile à soutenir du fait même que le mauvais goût est aussi un goût. Les conventions sociales dans ces domaines ont volé en éclats, depuis longtemps confrontées à l’éclectisme de la production de sens multiples.
Coco Chanel, dans un esprit minimaliste avant l'heure, pensait que les femmes en faisaient toujours trop. Elle abhorrait ce qu’elle appelait l'impression de déguisement. On a beaucoup écrit sur le fondé de ce manteau gris Lœwe en suède. Les mauvaises langues y voient une réminiscence malheureuse du troisième Reich, les autres un clin d'œil à l’univers des aviateurs (la photo a été prise dans une aérogare). A chacun ses propres références. Si l'on prouve l’envie, on peut certes disserter sur le fait de savoir si le chapeau n'est pas en trop, sur les lunettes ou sur l’opportunité de l'unité de ton. Reste, qu’en ce qui concerne le déguisement, c’est aussi une manière d’exister. Les êtres humains ne sont pas unidimensionnels, une sorte de donne immuable. La mode peut servir aussi à exprimer des désirs de soi ou permettre de compenser ce que l'on est uniquement de manière insuffisante. Les acteurs le font constamment et ils font travail d'oeuvre. Mais pourquoi se limiter et ne pas soutenir comme le poète espagnol du siècle d’or, Calderòn de la Barca, que le monde est une grande scène de théâtre.
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Publié dans Vêtements femme

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