Goldoni

Publié le par Maurizio Rofrano

Dans le premier acte de la première pièce de la « Trilogie de la villégiature », il est beaucoup question de mode et de costume. Goldoni, grand portraitiste de la modernité naissante en ce milieux du 18e siècle, ne pouvait pas manquer de décrire cette nouvelle préoccupation qui habitait depuis peu la bourgeoisie. Les modèles et les couturiers portent naturellement des noms français. Les jeunes filles, toutes affolées, craignent que leur nouvelle robe ne soit pas prête à temps. Et de plus, puisque les goûts changent tous les ans, il faut adapter sa garde-robe au fil des saisons. C’est désormais la course à qui sera la première à présenter en société la dernière nouveauté. Cette préoccupation est loin d’être une exclusivité féminine, les hommes s’y sont mis aussi. Désormais, toute activité a son costume adapté. La gente masculine a délaissé les habits grossièrement confectionnés pour des coupes plus gracieuses et des tissus raffinés. Les mœurs des deux sexes se sont rapprochées. Et comme toujours, il n’y a que les plus anciens qui n’arrivent pas à comprendre les nouvelles habitudes.

Dans le temps, l’art vestimentaire était une exclusivité des couches aristocratiques. La bourgeoisie, en s’enrichissant et en gagnant par ce biais en prérogative sociale ce que la noblesse perdait, avait commencé à rapprocher son mode de vie de celui de l’aristocratie. Il en résulte ainsi une sorte de physique des fluides pour ce qui concerne les goûts en société. Des couches supérieures, les modes descendent vers celles inférieures, ce qui a pour effet de produire des temporalités différentes en ce qui concerne le moment où on est à la mode ou au contraire démodé. Et en même temps, ironie du sort, l’avant-garde, en question de mode, sera toujours démodée, en dehors de la mode.
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Publié dans Culture Mode

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