Deux autres sorcières

Pour son défilé prêt-à-porter AH 09 parisien, Vivienne Westwood a fait défiler Pamela Anderson, héroïne pulpeuse des années 90. Elle sera également l'égérie de la marque pour la campagne publicitaire du printemps-été à venir. Certains ont insinué que ce n'était qu'un moyen de faire parler de la griffe en provoquant un coup médiatique. Vivienne Westwood est pour le moins depuis plus de trente ans la grande prêtresse du scandale. Mais les temps ont changé et aujourd'hui on est tenté de dire que le scandale n'est plus le scandale mais le procès que certaines publications font au scandale. Grande pourvoyeuse de frasques, Pamela Anderson est aussi aimée que détestée par les tabloïdes. Aimée parce qu'elle permet de noircir du papier et vendre, mais aussi par qu'elle permet qu'on puisse la détester. En effet, dans les faits, nombreux sont ceux qui se nourrissent du mépris des choses qu'ils aiment secrètement et qu'ils n'ont pas le courage d'assumer ouvertement. Il existe plusieurs types de scandales. Certains ne servent qu'à faire du bruit, d'autres à dénoncer en mettant en évidence des non-dit dans la société. C'est à cette seconde catégorie qu'appartiennent les actions menées par Vivienne Westwood. En choisissant Pamela Anderson, la couturière met en évidence et dénonce le traitement que subissent un certain nombre de femmes dans la presse après usage. Le regard rempli de malaise à la vue de l'incident survenu lors du défilé lorsqu’une couture du corset se défait vaut comme preuve de l'honnêteté dans la démarche de la créatrice. Le sourire de l'actrice pin-up, lui, nous renvoie vers d'autres hypothèses.
Publicité